S’amuser avec des sons

Quand j’étais petite ma professeur de piano notait consciencieusement sur un petit carnet les exercices que j’avais à faire entre deux cours. Si j’ai peu de souvenir d’être studieuse, je me souviens par contre de beaucoup aimer “bidouiller” sur le piano électrique de la maison. A savoir : improviser tout en appuyant sur les boutons du haut “vibes”,”strings” “choir” qui rendaient les notes  beaucoup plus rigolotes !

J’ai eu le flash-back de ces moments quand j’ai découvert le site Incredibox et que je me suis bien amusée à composer un morceau avec « mon » boys band virtuel ! C’était ludique, sympa et ça m’a immédiatement ambiancé. Inespéré dans cette période sans dancefloor ni concert…J’ai poursuivi par l’écoute d’autres morceaux très pro comme celui-ci également très beau visuellement.

Dans un autre genre Sampulator procure des émotions comparables .Ca ressemble de loin à un tableau des éléments mais non ! C’est en fait une boîte à sons virtuelle que vous activez via votre clavier. Personnellement j’ai d’abord cliqué sur tous les boutons au pif puis un à un avant de réaliser que la partie du bas permettait d’enregistrer plusieurs pistes qui se superposent ensuite pour créer un morceau.

J’ai déjà recommandé dans ce blog la série d’Arte radio Beat makers alors pour celles et ceux qui l’ont déjà écouté, vous pouvez aussi découvrir trois Beatmakeuses et en particulier The Marv pour qui j’ai eu un coup de coeur 🙂

(re)quête sonore

Avez-vous remarqué que si vous cherchez à en savoir plus sur une personne ou un sujet sur internet, les premiers résultats de votre moteur de recherche préféré seront invariablement sa page wikipedia, une photo ou illustration et sans doute des vidéos. Et pourquoi pas une présentation audio ? ou une émission de radio qui en parle ?

Après être tombée sur une phrase magnifique* d’une certaine Maya Angelou, j’ai voulu savoir qui elle était et me mettre à l’écoute de son histoire. Voici comment je m’y suis prise :

  1. Je suis sur mon ordinateur. Je fais donc presque sans réfléchir la séquence suivante : Ouvrir un nouvel onglet > Inscrire son nom dans mon moteur de recherche > Appuyer sur entrer > Cliquer sur la page wikipedia 🙂
  2. Comme je comprends qu’elle est poète, je me tourne ensuite vers Youtube. Là j’y visionne sa lecture sur scène d’un poème Still I rise. Je suis happée par sa gestuelle et son sourire qui ponctuent à merveille la musique de ses mots. Je pourrai m’en arrêter là mais…
  3. je tente de trouver des émissions de radio ou des podcasts qui parlent d’elle ! Ma principale raison est que j’aimerais fermer les yeux et me laisser porter, tranquillement assise dans mon fauteuil. Je commence par le moteur de recherche de l’application Overcast sur mon téléphone. Verdict : 45 émissions potentiellement à écouter – toutes en anglais. Comme je n’ai pas le temps de tout écouter j’y vais un peu au hasard comme je le ferai pour choisir un livre à la bibliothèque. Je laisse de côté celles dont l’illustration est manifestement un portrait du host (Money, Power & sucess, Kimberley She’ro,...) car je cherche à ce stade plutôt un équivalent d’une masterclass sur France Culture. Mon choix se porte finalement sur The legacy of Dr.Maya Angelou avec photo en noir et blanc de la poétesse souriante qui m’inspire. Malheureusement ça ne me mènera pas très loin car il s’agit en fait d’une étudiante américaine qui, sur 7 minutes de l’épisode (seul et unique épisode du podcast soit dit en passant) en passe quasi la moitié à expliquer pourquoi elle a choisi le poème. Comme tout le monde peut dorénavant faire facilement un podcast sur tout et n’importe quoi, peut-être que ça n’était pas la meilleure option.
  4. Je laisse de côté l’application et retourne sur google en cherchant très spécifiquement les mots suivants : Still I rise listening. Je laisse passer quelques vidéos et accède cette fois-ci à une page de la National Public Radio – réseau de radiodiffusion non commercial et de service public aux États-Unis. Ils ont eu la bonne idée de mettre à disposition une capsule sonore avec (presque) que le poème lu par la poétesse et de proposer son téléchargement. Merci à eux !

En prévision de mes prochaines recherches, j’ai jeté un coup d’œil (ou devrais-je dire plutôt tendu une oreille) à Listen Notes. Il se présente comme une barre de recherche toute simple et permet ensuite de trier les résultats entre épisodes et podcasts. En l’essayant avec (toujours) Maya Angelou j’ai rapidement découvert un podcast qui lit de la poésie et un résultat en français. Il m’a semblé prometteur.


*La citation magnifique à l’origine de ce billet de blog était :

I’ve learned that people will forget what you said, people will forget what you did, but people will never forget how you made them feel

Maya Angelou

Un son qui vous colle à la peau

Vous aimez peut-être comme moi réécouter des sons, des voix, des musiques pour vous remémorer un lieu, un moment ou une personne. Le tatoueur américain Nate Siggard a créé une application pour « faire parler un tatouage » grâce à la réalité augmentée.

Le principe est le suivant :

  • son client enregistre une voix ou un son de maximum 30 secondes et le charge sur la plateforme Skin Motion
  • l’enregistrement est transposé en onde sonore
  • le client va chez un tatoueur qui transforme l’onde sonore en un pochoir qu’il tatoue sur une surface plate de la peau

Toute personne qui a téléchargé l’application Skin Motion peut ensuite « scanner » le tatouage et faire résonner le son enregistré !


Pour mieux comprendre comment fonctionnait son service, j’ai enregistré la description de Sweetsounds :

et l’ai transposé en pochoir sur leur site :

Je n’ai pas pu aller plus loin par contre car il faut ensuite…aller se le faire tatouer ! Une fois le tatouage réalisé, je n’aurais plus eu qu’à payer 40$, envoyer la photo du tatouage et enfin créer l’animation qui se jouera à chaque scan – la « vague » bleue qui se déplace sur la représentation de l’onde. Pour disposer du service ad vitam aeternam comptez un abonnement de 10 $ par an à la plateforme.


Bien que leur enthousiasme apparaisse parfois un peu exagéré (« à l’américaine »!), les personnes qui ont tenté l’expérience en semblent ravies : messages d’amour de leur compagne ou de leurs enfants, aboiement de leur chien adoré, voix d’un parent décédé – récupérée via un message laissé sur le répondeur ou de l’enregistrement d’un discours #skinmotiontatoo

Si ça vous intéresse, sachez que c’est arrivé aussi en France !! Voici un tatoueur qui propose ce service à Nice et qui a apparemment de plus en plus de demandes. Son site présente deux exemples : celui d’une cliente qui a enregistré la voix de son frère qui « lui dit quelque chose qu’il ne [lui avait] jamais dit avant » et un autre la voix de ses 3 enfants lui déclarant un à un leur amour. Et ici une tatoueuse fait sa demande en mariage…en tatouage.

A la première vidéo que j’ai vu, j’ai cru naïvement que l’application reconnaissait effectivement l’onde dessinée. Disons qu’elle a plutôt l’air de détecter la forme puis de l’associer à l’enregistrement correspondant hébergé sur la plateforme. Si cette technologie existe peut-être que d’autres tatoueurs font la même chose avec des formes différentes…

Un moment de poésie

Au printemps dernier, le Théâtre de la ville Paris a proposé des consultations poétiques : une nouvelle façon pour un collectif d’artistes d’échanger – à distance – avec leur public. La bonne nouvelle est que ces consultations se poursuivent et vous pouvez vous inscrire à une session sur leur site (au programme lecture, chanson ou morceau de musique).

Un moment à soi

Concrètement je me suis inscrite sur un créneau et, au jour et à l’heure dite, on m’a effectivement appelée. J’étais un peu intimidée au début quand la comédienne m’a demandé où j’étais. Non que je sois parano mais je n’ai pas l’habitude de raconter ma vie à des inconnus et sa voix, bien que très posée et rassurante, ne laissait pas vraiment transparaitre de sourire. Elle m’a ensuite demandé comment j’allais. Et là étrangement je me suis détendue et ai parlé de mon vécu du confinement, des hauts et des bas du quotidien en cette période particulière.

Après un petit silence elle m’a proposé de me faire la lecture d’un texte de Handke Peter, extrait de Par les villages (1983). Je me suis donc laissée bercée par sa voix et surprendre par le message d’encouragement et de mise en mouvement du texte choisi. Nous nous sommes « quittées » une fois la lecture faite.

Convaincue que ça plairait à ma grand-mère férue de littérature je l’ai inscrite à un session. J’avais initialement peur qu’elle se méfie d’un appel d’inconnu mais au contraire elle s’est montrée enthousiaste à l’idée. Quelques jours plus tard, elle m’a raconté qu’elle avait bien aimé bavarder avec la jeune femme et qu’elle lui avait demandé une lecture de plusieurs poèmes qui lui avait bien plu !

Un moment pour vous ?

Ecouter une personne raconter ou lire une histoire est pour moi ce qu’il y a de plus vivant et magique. A défaut d’avoir cette personne sous la main, de très nombreuses ressources gratuites existent pour écouter seul(e) ou à plusieurs des textes connus ou inédits.

Une référence est l’association Des Livres à Lire et à Entendre qui met à disposition plus de 8000 livres lus : de la poésie ( par exemple Le loup et le chien !) à l’érotisme. Vous n’avez plus qu’à choisir votre thème de prédilection. Elle renvoie aussi vers d’autres sites pour accéder à encore plus de ressources mises à disposition par des passionnés. Par exemple Audiocité qui a un moteur de recherche pratique et Au fil des lectures qui permet d’écouter directement les lectures avant de les télécharger.

Vous retrouverez aussi bien-sûr des histoires et des lectures dans de nombreux podcasts – chaque podcast n’est-il pas une histoire en soi ?! – Si vous aimez la littérature, je vous conseille Calliopée qui « interroge notre société sous le prisme des grandes pages de la littérature ». Et si vous souhaitez faire une pause de votre smartphone ou des écrans, vous pourrez peut-être emprunte dans la médiathèque la plus proche de chez vous des CD audible à votre goût !

Pour ma part je pioche un peu dans tout ça en tant qu’auditrice et il m’arrive de faire des enregistrements pour des occasions particulières. Voilà plusieurs années par exemple, j’avais lu quelques poèmes et les avait déposé sur un tumblr pour l’anniversaire de mon grand-père. Il présente aujourd’hui des lectures tantôt de ma sœur, tantôt de moi et je viens d’y ajouter mon interprétation modeste et personnelle du texte de ma consultation poétique !

Mon histoire d’amour avec Arte RADIO

Ma rencontre fortuite

Comment je suis arrivée sur cette page ? Aucun souvenir. En revanche je me souviens très bien de la sensation de manger bonbon par bonbon les bulles de sons qui apparaissaient sur l’écran de mon PC portable. A chaque bulle, sa durée, son thème, sa voix. Celle qui m’a tout de suite plu était J’ai mal là, celle de Martin WINCKLER dont je n’avais jamais entendu parler avant. Mais j’appréciais aussi diner ‘en compagnie’ d’autres personnes dont le récit me captivait.

Des retrouvailles émouvantes

Quelques années plus tard j’ai reçu de ma nouvelle entreprise un téléphone professionnel iphone. A moi l’expérience Apple et l’appli Podcasts ! Grâce aux conseils avisés de mon entourage je me suis mise à écouter de nombreuses rediffusions d’émissions de radio et suis (re)tombée avec plaisir sur des productions d’ARTE Radio. Voilà qu’on me parlait de nouveau à l’oreille, que j’écoutais des gens qu’on n’entend pas ailleurs, avec cette volonté de respecter leur parole, de se sentir proche d’eux”  (Sylvain GIRE, son responsable éditorial dans un entretien en 2012). Deux pépites : Et là c’est le drame (2017) et Mental FM (2018) de Victoire TUAILLON.

Une relation libre

Aujourd’hui j’écoute surtout les productions d’Arte RADIO via l’application Overcast sur laquelle j’écoute tous mes podcasts mais il existe aussi l’application créée par arteradio qui est aussi bien sympa. Pour une première découverte, je vous conseille d’aller faire un tour sur leur site et de peut-être commencer par les classiques (la “crème de la crème”). Parmi cette sélection voici la mienne :

  • Beatmakers – S1 & S2 (David COMMEILLAS et Samuel HIRSCH) : 10 épisodes dans lesquels des producteurs français racontent le making-off d’un de leurs tubes. Je ne connaissais pas ce métier et je me suis passionnée pour leurs effets, leurs recherches sonores, leurs anecdotes. Ma plus belle découverte : le beatmaker derrière la chanson entêtante et dérangeante « Julien » de DAMSO. Chaque épisode se conclut par la question du son qu’ils préfèrent. Intéressantes réponses, de « la bruit qui tombe » au « silence ».
  • Un podcast à soi (Charlotte BIENAIME) : une sortie que j’attends avec impatience chaque premier mercredi du mois. Chaque épisode « mêle intimité et expertise, témoignages et réflexions, pour aborder les questions de genre, de féminismes, d’égalité entre les femmes et les hommes ». Si vous n’avez pas peur de la controverse, commencez par l’épisode #15 sur la prostitution. J’en suis sortie à fond « pour » ET « contre »…
  • De guerre en fils (François PERACHE et Sabine ZOVIGHIAN) : Un feuilleton en 6 épisodes qui vous tient en haleine, de la petite à la grande Histoire. J’ai personnellement (re?)découvert la nuit sanglante du 17 octobre 1961 à Paris.

Ou si vous avez un peu de temps devant vous, plongez-vous dans leur collection de sons. Vous y retrouverez, comme indiqué dans leur slogan, des “Emissions, reportages, témoignages et bruits pas sages” ! Pour une présentation d’ARTE Radio plus complète, je vous invite à consulter le dossier qui lui était dédié sur le site Syntone pour ses 10 ans…en 2012.